F.A.Q.
Quelles sont les précautions à prendre
pour les femmes enceintes ?
Très peu de travaux scientifiques ont été consacrés à l'étude
des risques abortifs des molécules aromatiques. Seuls les cétones
terpéniques et les molécules aromatiques ½strogène-like
(comme l'anethole présent dans les huiles essentielles d'anis,
de badiane ou de fenouil) sont clairement interdites durant la
grossesse.
En général Pranarôm adopte une position claire
vis-à-vis de l'utilisation d'huiles essentielles durant la grossesse
: nous préconisons de ne pas recourir à l'utilisation
d'huiles essentielles durant les trois premiers mois de la grossesse.
Par après nous considérons qu'il est souhaitable d'en
limiter le plus possible l'usage à des soins pointus, de courte
durée, et proposés par des personnes de confiance maîtrisant
parfaitement les profils des huiles essentielles proposées (thérapeutes,
pharmaciens aromatologues, …). Ce point de vue est guidé par
un simple principe de précaution suite au manque d'informations
fiables sur le sujet.
A partir de quel âge peut-on appliquer
des huiles essentielles sur des enfants ?
De nouveau une question face à laquelle la réponse
laconique « Ca dépend » peut être de mise
! Car cela dépend en effet du type d'huile essentielle, du
vecteur dans lequel elle est incluse et de sa concentration finale
dans le produit.
Soyons toutefois un peu plus clairs ! Déjà chez le
nourrisson (à partir de l'âge de 1 à 2 mois) on
peut appliquer des huiles de massage enrichies par des huiles essentielles
calmantes, digestives ou expectorantes et balsamiques. Dans ce cas
la concentration finale en huiles essentielles ne dépasse pas
1 à 2%. Il est tout aussi envisageable d'enrichir une crème
pour les fesses avec des huiles essentielles ou de formuler des huiles
de bains aromatiques aux vertus reposantes pour le bain de nos bébés.
Toutefois, à moins de maîtriser parfaitement les huiles
essentielles qu'on utilise, nous pensons qu'il est souhaitable de
se tourner vers l'achat de produits finis de haute qualité (donc
un peu plus onéreux !) spécialement développés
pour les bébés.
A partir de 9 à 10 mois, on peut graduellement augmenter le panel d'huiles
essentielles à appliquer sur l'enfant (toujours en massage, en diffusion
ou sous forme de suppositoires). La concentration finale en huiles essentielles
peut alors évoluer au besoin vers 5 à 6%
A partir de 3 ans on peut envisager avec grande parcimonie le mélange
d'une ou deux gouttes de quelques rares huiles essentielles (ravintsara, eucalyptus
radié, bois de rose) dans un support destiné à être
ingéré.
Dès 6 ans enfin, il est possible d'initier des soins aromatiques par
voie orale, à doses faibles mais efficaces. Le mieux est de privilégier
l'ingestion de 1 à 3 capsules aromatiques molles par jour. Ces capsules
sont prédosées et standardisées, n'ont pas d'odeur et
peu de goût et ont l'avantage de contenir des synergies d'huiles essentielles
bien étudiées pour leurs effets positifs et leur tolérance
gastrique.
Les huiles essentielles ont-elles des effets secondaires et lesquels
?
L'aromathérapie n'est pas du tout une méthode douce.
Elle fait usage d'extraits super-concentrés qui peuvent occasionner
une série d'effets secondaires s'il ne sont pas utilisés à bon
escient par des personnes capables d'en maîtriser les propriétés
et les toxicités.
Globalement on peut être confronté aux mêmes effets secondaires
que ceux rencontrés suite à l'application de produits pharmaceutiques
de synthèse : nausées, vomissement, diarrhée ou constipation,
relents gastriques, ulcères gastriques.
Il faut savoir également que l'ingestion de fortes doses (supérieures à 500
mg / jour) de composés aromatiques phénolés sur une longue
période (supérieure à 20 jours) peut créer un engorgement
et une surcharge hépatique. Dès lors le thérapeute averti
sait que les phénols aromatiques se prennent soit à haute dose
durant maximum 7 jours ou à faible dose (moins de 200 mg / jour) durant
maximum 20 jours, suivis d'une fenêtre thérapeutique d'une semaine
entre les cures.
Nous avons en outre déjà évoqué les propriétés
neurotoxiques et abortives des huiles essentielles riches en cétones
terpéniques (hysope, thuja, sauge, ..). Ces huiles essentielles particulièrement
délicates à utiliser sont par ailleurs réservées à l'usage
exclusif de la pharmacie et ne peuvent théoriquement pas se trouver
en vente libre.
Il faut également évoquer les dangers de photosensibilisation
consécutifs à l'application cutanée - voire selon
certains l'ingestion - d'essences aromatiques et d'huiles essentielles
contenant des furocoumarines juste avant ou pendant une exposition
au soleil. Ceci pourrait engendrer chez certains des réactions érythémateuses
et même favoriser la carcinogenèse. Ce sont surtout les
essences de zestes de Citrus (mandarine, citron, pamplemousse, orange
douce, …) qui sont à l'origine de ce type de photosensibilisation.
Certaines huiles essentielles sont dermocaustiques et ne peuvent
s'appliquer sur la peau qu'à haute dilution (10, 5, 2%, voire
moins !), sous peine d'occasionner des lésions parfois importantes
(brûlures, …). Certaines personnes développent
des allergies aux huiles essentielles (eczéma, oedèmes
cutanés, ….) et se voient donc contraintes à ne
plus envisager de profiter des nombreux bienfaits des huiles essentielles
suite à leur hypersensibilité.
Enfin, sachez qu'il est formellement interdit d'appliquer des huiles
essentielles, même diluées, dans le conduit auditif,
dans les yeux et dans les narines, et ce quel que soit l'âge
ou le sexe.
Existe-t-il des thérapeutes spécialisés en
aromathérapie qui puissent nous conseiller ?
Bien qu'il n'existe pas vraiment de cursus universitaire consacré à l'aromathérapie,
de plus en plus de docteurs en médecine investissent leur temps
dans de longues et passionnantes formations en aromathérapie.
Au sortir de ces formations réservées aux personnes détentrices
d'un titre de médecin, pharmacien, infirmière ou autre
professionnel de la santé (kinésithérapeute, …)
de telles personnes ont acquis la capacité de préconiser
un soin préventif ou un traitement actif à base d'huiles
essentielles pour le plus grand bénéfice de leurs patients.
Ce sont avant tout des professionnels qui basent leur raisonnement sur
un diagnostic précis et qui connaissent le pouvoir et les limites
d'utilisation des huiles essentielles. Ils n'adoptent pas une vision
intégriste qui prône le « tout à la nature » ou
le « tout au médicament ». Ce sont des professionnels
de la santé d'une rare compétence, qu'il faut pouvoir
sélectionner afin d'éviter l'arnaque du conseil d'un quidam
qui se voit investi du jour au lendemain d'une mission de « guérisseur».
Peut-on ingérer des huiles essentielles
par voie interne ?
On ne peut répondre à cette importante question de
manière catégorique « oui » ou « non ».
La réponse la plus adaptée est certainement : « oui,
certainement, mais avec beaucoup de prudence et de discernement ».
« Oui, certainement » car beaucoup d'huiles essentielles vont donner
leur pleine mesure une fois ingérées. Prenons l'exemple de l'huile
essentielle d'origan à inflorescences compactes (Origanum compactum) :
cette huile riche en phénols est l'archétype de l'extrait aromatique
anti-infectieux à très large spectre, mais ses principes actifs
sont dermocaustiques et en limitent fortement l'application sur la peau. Dès
lors l'huile essentielle d'Origanum compactum va bien mieux exercer son pouvoir
antimicrobien une fois ingéré. Toutefois, la prudence est de rigueur
quant aux doses ingérées et à la manière avec laquelle
cette huile essentielle est administrée par voie orale. Les plus convaincus
vont déposer deux à trois gouttes d'huile essentielle d'origan
compact sur un quart de morceau de sucre et laisser fondre lentement sur la langue.
Rapidement un picotement plus ou moins aigu va se manifester dans la cavité buccale
et dans la gorge, signature olfactive et physiologique des phénols présents
dans cette huile essentielle. Dans les minutes qui suivent il n'en paraîtra
plus rien mais « il faut pouvoir le supporter ».
Qu'à cela ne tienne, il existe bien d'autres manières
moins directes d'administrer des huiles essentielles par voie orale
: on peut les diluer dans des huiles végétales (vierges
ou BIO de préférence), dans du miel, du sirop d'érable,
on peut les faire adsorber sur des comprimés de charbon de
bois ou de lactose, et enfin, on peut privilégier l'ingestion
de capsules aromatiques contenant des huiles essentielles uniques
ou en mélange, sous forme prédosée, standardisée,
et offrant toutes les garanties d'efficacité et de sécurité d'emploi.
Quelles sont les huiles essentielles qu'on peut utiliser
par voie interne ?
Ici aussi la réponse ne tient pas
en un mot et demande quelque développement.
Les huiles essentielles sont composées de molécules appartenant à des
groupes biochimiques différents (on peut citer les phénols, les
monoterpènes, les esters terpéniques, les sesquiterpènes,
etc, ….). Ces groupes de molécules possèdent des profils
toxicologiques particuliers et leur présence relative dans les huiles
essentielles détermine le profil toxicologique de ces dernières.
Si on se base sur ces informations il est possible d'édicter quelques
principes de base qu'il est bon de respecter systématiquement :
a) N'administrer des huiles essentielles contenant des cétones QUE suite à une
prescription d'un thérapeute expérimenté. Les cétones
(comme la thujone de la sauge, la fenchone de la lavande stoechade ou la pinocamphone
de l'hysope) sont neurotoxiques ET abortives et ces effets négatifs sont
exacerbés par leur prise orale.
b) Envisager la prise orale d'huiles essentielles à phénols (thym,
origan, sarriette, …) ou à aldéhydes aromatiques (cannelles)
avec grande prudence. Privilégier une dilution importante dans des vecteurs
spécifiques (miel, huile végétale, capsules molles, …)
c) Ne jamais excéder 4 ou 5 gouttes d'huiles essentielles pures par ingestion,
et privilégier leur inclusion dans un support approprié (voir ci-dessus)
Pour terminer, voici une liste non exhaustive d'huiles essentielles particulièrement
utiles lorsqu'elles sont ingérées par voie orale et qui sont d'une
bonne tolérance orale et gastrique : Thym à thujanol, Tea tree,
Eucalyptus radiata, Ravintsara, Menthe poivrée (1 à 2 gouttes maximum
!), Citron, Mandarine, Basilic, Thym à linalol, Laurier noble et clou
de girofle (1 goutte localement pour les problèmes de bouche).